SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES :

Pendant le confinement, les salles du Méliès restent malheureusement vides, aussi, en attendant la reprise, nous vous proposons de les remplir de vos souvenirs de spectateurs !
Nous lançons donc un grand appel à témoignages !
Racontez et partagez votre plus beau souvenir de séance au Méliè[S] !

Si vous souhaitez raconter votre petite histoire pour faire partie de la grande histoire du Méliè[S], merci de nous envoyer votre témoignage sur sylvainpichon@lemelies.com, il sera publié sur le site web du Méliès.


Arnaud M. - (47 ans - Saint-Étienne) :

Au printemps de l’an dernier, un ami me propose d’aller voir "Dumbo" de Tim Burton. Suis partant mais, patatras, nous nous sommes trompés entre la V.O. et la V.F. ...
Du coup, puisqu’il est féru de films sur la Seconde Guerre Mondiale, nous voilà partis pour découvrir "Requiem pour un Massacre" dans la grande salle du Méliès Saint-François. Et là : LA CLAQUE !
Je n’avais jamais entendu parler de ce film, ni d’Elem Klimov, son réalisateur... mais j’ai découvert un chef d’œuvre du cinéma soviétique qui m’a sidéré.
Le film nous fait découvrir l’horreur de la guerre et les exactions des nazis via le regard d’un tout jeune homme qui voulait aller se battre. Il privilégie les sensations, loin de toute démonstration.
La première partie du film est presque sans dialogues, on est happé et fasciné par ce cinéma à fleur de peau.
Et à la fin, la scène de massacre d’un village biélorusse est tout simplement époustouflante de réalisme et de cruauté : on est pantois !
J’ai été très heureux qu’un tel film (de 1985) puisse trouver sa place dans la programmation. Ce fut une très forte découverte !
Vivement que nous puissions en faire d’autres après la ré-ouverture.

Anne G. - (Saint-Étienne) :

Puis-je résumer l’effet Méliès à un film ?
Non, me dis-je, bien sûr j’ai étanché ma soif de films de qualité. Mais le Méliès, c’est avant tout une atmosphère sympathique qui vous invite à remuer vos neurones en toute ouverture d’esprit, en toute générosité, un peu comme une bonne copine ou un bon pote.
Nous sommes allées voir "La Fille au Bracelet", à trois copines. Voilà bien un film dans lequel nous sommes invitées par le réalisateur à réfléchir sur un thème au combien délicat que celui de l’adolescence, où toutes les certitudes de l’enfance peuvent être aspirées de façon vertigineuse à tout moment face aux nouvelles donnes de l’âge adulte.
Après avoir discouru sur le film, la dernière cuvée de Viognier du Méliès nous attendait pour continuer dignement cette soirée et nous ne fûmes pas déçues !!!
La soirée se déroulait très bien dans le nouveau décor du Méliès café, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Nous avons donc joué les passe-muraille et hop ! Nous voilà à la Brasserie du Méliès pour une dégustation accompagnée de son Sancerre il était enfin temps de rentrer, le devoir nous appelant ailleurs.
M-E-R-C-I

B.P. - (Badouillère - Saint-Étienne) :

Je ne peux faire de hiérarchie parmi les nombreux films que j’ai vus au Méliès depuis quarante ans.
Il y en a forcément eu des bons et des mauvais, mais le cinéma en salle, c’est quand même le top ! J’y suis venue avec mes parents, mes frères et sœurs, puis mes amis, mes enfants... Essayant de leur donner le goût de la salle obscure. Mon meilleur souvenir, c’est de savoir que le Méliès existe et qu’il rouvrira !
Ce que je peux dire, c’est que je ne regrette pas d’avoir passé ma dernière soirée de liberté au France -pardon Méliès Saint-François - en compagnie des Monty Python, pour revoir "La Vie de Brian".
Puis, en sortant, la douche froide annoncée par une amie.
Nous nous sommes alors précipités au Cross Road pour un dernier verre, comme beaucoup.
C’est un souvenir, parmi d’autres. Mais j’en attends de bien meilleurs !
Merci à toute l’équipe.

Thierry G. - (Saint-Étienne) :

Deux films m’ont marqué parmi un florilège de projections toujours intéressantes et judicieuses que propose ce cinéma d’Art et d’Essai stéphanois :
"There Will Be Blood" : un film stupéfiant de réalisme avec une interprétation extraordinaire d’un de mes acteurs préférés, je veux parler de Paul Dano.
"L’Iceberg" : un film où l’esprit de Jacques Tati influence tout au long de ce film ces deux acteurs belges (Fiona Gordon et Dominique Abel).
La petite cerise sur le gâteau a été de boire une petite bière à la terrasse du Méliès-Café avec ces deux artistes après la projection de ce film complètement déjanté !
Bien sûr, il y aurait encore bien d’autres excellents souvenirs à relater (Made in Suisse, etc.).

Chantal P. - (Saint-Étienne) :

En temps normal, je vous rends visite trois à quatre fois par semaine. Bravo pour votre maîtrise à diriger ce ciné, le meilleur et de loin de Saint-Étienne.
Confort, tarifs attractifs, choix de la programmation...
De beaux souvenirs du Méliès, il y en a plein... Chaque séance est un plaisir...
J’apprécie tout particulièrement, les films suivis d’un débat.
Il y en a un qui m’a particulièrement marquée, il y a quelques années : le film documentaire "RESTER VIVANTS".
J’attendais avec impatience l’avant-première, car certaines séquences étaient tournées dans la ville, et un de nos amis jouait son propre rôle dans le film. Le voir pleurer sur grand écran, quel choc...
Film plus débat, nous avons quittés la salle bouleversés...
Bravo le Méliès, continuez sur votre lancée.

Anne de B. - (Saint-Étienne) :

Mon meilleur souvenir de film au Méliès ?
Comment choisir ? Tant ce cinéma stéphanois que je soutiens depuis quarante ans, fait partie de mon univers familier ?
Tant de moments passés dans ces salles obscures, pleines du bonheur et de la joyeuse excitation/curiosité de découvrir de nouveaux films, que ce soit des créations de nos meilleurs cinéastes ou de nouveaux auteurs.
Au Méliès, c’est le bonheur de la découverte : plaisir de décortiquer des mises en scène audacieuses ou des thématiques sous de nouveaux angles.
C’est le paradis de l’ouverture au monde, aux réalités vécues ici ou là bas.
Bonheur d’entendre ces films en V.O., avec la musique de la langue pour vraiment s’y sentir.
Mais puisqu’il faut choisir, je parlerais de cette soirée, bien présente dans ma mémoire, avec comme invitée Irène Frachon. Cette femme médecin, personne extraordinaire qui a rompu le silence d’un des scandales médicaux de notre siècle.
Lanceuse d’alerte sur l’affaire du médicament Médiator, prescrit par des médecins naïfs ou/et arrosés par les laboratoires pharmaceutiques, comme traitement de coupe faim, sans voir les effets secondaires gravissimes avec des pathologies cardiaques très invalidantes, voire aux conséquences mortelles.
Je revois cette femme, d’une simplicité et modestie exemplaires, raconter son combat inégal contre ces monstres des industries pharmaceutiques.
Malgré les pressions redoutables qu’elle et sa famille ont subies, elle continue son chemin, portée par la douleur et les souffrances de tous ses patients, victimes de ce scandale.
Ce qui me bouleversa aussi, fut cette assemblée pleine de jeunes étudiants en médecine ou en pharmacie, (pas un public habituel du Méliès), qui découvraient ou confirmaient ces scandales vécus au quotidien dans les universités de médecine, ou dans les services hospitaliers.
Comme l’exemple de ces débuts de corruption, dans le financement par les laboratoires, des journées de formation de médecins avec ces menaces subtiles d’utiliser les listings de présence à ces formations, comme moyen de pression ultérieur contre tout praticien non docile.
Vraiment, le Méliès est pour moi, non seulement un haut lieu de culture cinématographique, mais aussi un merveilleux lieu de citoyenneté, avec des rencontres inoubliables qui donnent le courage de rester humains et dignes dans nos existences quotidiennes.

Pauline R. - (35 ans / Saint-Étienne) :

Je n’ai jamais été une grande cinéphile, je ne fréquentais les salles de cinéma qu’épisodiquement, mais j’avais quand même la certitude que voir des films sur grand écran, entourée d’inconnus, un son de qualité et des fauteuils profonds, apportait le plaisir assez inédit du temps suspendu.
Il y a quatre ans, j’ai débarqué à Saint-Étienne, au milieu de l’hiver et après une rupture brutale. Le Méliès m’a sauvée du blues ; dès que je le sentais pointer, je filais au cinéma pour les dernières séances du soir. C’était une libération de s’extraire de son petit moi meurtri pour s’ouvrir à de nouvelles aventures, à des émotions autres et à l’imagination sans borne des créateurs.
Je me souviens particulièrement de la folie douce de "Toni Erdman" et la mélancolie poétique de "Paterson".
Aujourd’hui, je peux le dire, le cinéma fait partie de ma vie.

Sylvain D. - (Saint-Étienne) :

J’étais encore adolescent et vivais à deux cent cinquante kilomètres de Saint-Étienne, à Beaune, en Côte-d’Or.
Je vivais une existence de jeune cinéphile entre les 5 salles du Ciné Marey et le vidéo-club situé à quelques dizaines de mètres de chez mes parents. En mélange de cinéphilie et de cinéphagie, je m’étais rapproché d’aînés et de leur programmation de la petite salle 5 que leur confiait le gérant avec bienveillance.
Du cinéma africain, du cinéma italien, japonais, russe, français et bien sûr, anglais et américain. Toute l’actualité des cinématographies du monde sur les écrans beaunois. Le rêve !
Cinéastes, comédiens, producteurs, j’avais le sentiment qu’on s’y pressait avec bonheur pour rencontrer le public mais à chaque rencontre, chaque discussion, l’ombre d’un homme revenait sans cesse.
Parce qu’il faut préciser que Dijon n’est qu’à quarante kilomètres de Beaune et que là-bas, nous avions l’horizon d’escapades cinéphiles qui maintenaient l’excitation à son comble quand on envisageait d’y faire un voyage le temps d’un soir. Toujours la même destination prometteuse : l’Eldorado, notre modèle pour la petite salle 5.
Son propriétaire était respecté des cinéphiles au-delà des habitués de la salle dijonnaise, et son nom traînait avec lui un autre mythe que certains d’entre nous allaient toucher du doigt une fois par an, comme un étrange pèlerinage, loin de la Bourgogne, de l’autre côté, « au sud » comme on le disait, à Saint-Étienne.
L’endroit en question, c’était le Méliès, son propriétaire et celui de l’Eldorado, c’était Alain Cramier, la première légende stéphanoise quand on est cinéphile et peu porté sur le foot.
Plus tard, en 2006, l’opportunité m’est donnée de vivre en Stéphanie. Le Méliès historique n’est plus. On a déplacé les salles place Jean-Jaurès l’année précédente je crois. Il suffisait de jeter un œil à sa programmation pour être saisi de la même excitation que celle qui m’envahissait plus jeune. Des films, un discours, un geste de cinéma qui ramenait l’écran pour ce qu’il est vraiment, un geste politique, une action de vie. Comme malade, j’ai renoué avec mes obsessions cinéphages, comme on retombe dans l’alcool, avec ivresse.
Au fil du temps, j’ai appris à distinguer les silhouettes qui se cachaient derrières ces moments de cinéma. Alain Cramier est parti, j’ai continué à suivre les prescriptions, à courir voir ce qui me faisait envie. Il y avait toujours cette impression de retrouver dans le Cinéma sa dimension de spectacle vivant, un dialogue qui perdurait.
Depuis, je sais. Il ne suffit pas d’un peu de lumière sur un écran, il faut que la parole du cinéaste trouve un porte voix.
Le Cinéma se nourrit de chacun d’entre nous, de notre passion et de sa capacité à diffuser, comme un virus.
Et quoi de mieux qu’une équipe comme celle du Méliès, hétéroclite, passionnée, engagée, pour continuer à nous inoculer la force de vie du 7ème Art ?
C’est par eux, et par les films eux-même que nous gardons en partie les esprits éveillés parce qu’ils connaissent le secret : le Cinéma n’est pas une fenêtre sur le Monde, mais un miroir porté sur l’humanité, sur chacun d’entre nous. Qu’il nous revienne vite...
Qu’ils nous reviennent vite...

Marie B. - (Saint-Étienne) :

To a "Bright Star". 27 novembre 1999, en des temps immémoriaux où le Méliès s’élevait place Albert Thomas.
Le jour de mes 16 ans. Mon père était absent alors on s’est fait une soirée entre filles, ma mère et moi.
Ma mère était une fan absolue de Jane Campion. "Un Ange à ma Table" et "Sweetie" comptaient parmi ses films cultes. Le nouveau Jane Campion, "Holy Smoke", venait de sortir.
Direction le Méliès, bien sûr. Kate Winslet et Harvey Keitel en Version Originale, s’il vous plaît !
Puis mon restaurant préféré où nous avons parlé du film, papoté de tout et de rien, dit des bêtises, ri comme des idiotes...
Nous ne savions pas qu’il ne nous restait que quelques années à passer ensemble.

Constance Manuela O. - (Saint-Étienne) :

Rendez vous avec un aigle !
"La Jeune Fille et son Aigle" est un documentaire sur des traditions mongoles, notamment de la chasse avec comme arme, un aigle.
Ce documentaire est paru en 2017.
J’ai opté de le voir lors d’un événement organisé dans la grande salle du Méliès Saint-François, 8 rue de la Valse. Une démonstration de domptage d’un aigle de la Volerie du Forez suivi par le film-documentaire mongol en V.O.
L’aigle arrive dans une grande cage en rotin, devant l’écran. Je suis assise pas trop loin. Le personnel de la Volerie nous demande de rester tranquille et surtout de ne pas bouger car l’aigle peut avoir des réactions inattendues, voire sauvages.
Je retiens ma respiration, mon cœur bat très vite, je ferme les yeux, je m’enfonce dans le fauteuil... suis en apnée !
L’aigle libre, vole vers le balcon, il me frôle de ses ailes démesurément grandes... J’essaie de le regarder comme je peux, seuls mes yeux bougent. À la demande de son dompteur, resté près de l’écran, l’aigle sans se presser, fait deux rotations majestueuses pour descendre du balcon vers lui.
L’aigle est beau, sauvage, inaccessible avec ses ailes démesurément grandes qui battent l’air. Quelques secondes plus tard il est de retour sur le bras de son dompteur et ensuite il entre dans sa cage. Il semblerait qu’il soit aussi ému que nous, les spectateurs.
Le dompteur nous explique qu’il s’agit d’un jeune aigle dont c’est la première sortie officielle. La première fois qu’il est dans une salle de cinéma. Un peu comme nous qui, pour la première fois, nous retrouvons avec un aigle dans une salle obscure.
J’ai beaucoup aimé ce sentiment d’émotion partagée et palpable entre l’aigle et nous, spectateurs.
Cette démonstration est suivie par la projection du documentaire mongol en V.O. Le documentaire est bouleversant car il est basé sur une histoire vraie. Une adolescente, aidée par sa famille, va réussir à transgresser les règles séculaires de domptage d’aigles et de chasse à l’aigle, dans une Mongolie ancrée dans des traditions ancestrales exclusivement réservées aux hommes.
Le tout, dans un décor de montagnes enneigées. Un décor plus beau qu’une carte postale. Finalement la fille va participer à un concours de chasse. Elle sera la seule candidate féminine, seule contre tous les concurrents masculins. Lors de la course de chasse contre chronomètre, la salle vibrait avec elle et son aigle pendant toute la prestation...
Happy End ! Elle gagne cette course de chasse et nous, nous sommes heureux pour elle. Nous applaudissons et tapons des pieds comme des gamins, complètement déchaînés.
Un moment de pur bonheur : made in Saint-Étienne by Méliès, what else ?!

Ingrid G. - (Saint-Étienne) :

Son plus beau souvenir au Méliès... Difficile à dire.
Pour moi le Méliès c’est une multitude de vrais moments de bonheur, parfois dans une salle ou seulement une paire se sièges sont habités, parfois dans une salle comble.
Mais toujours, ou presque, un endroit où l’on sait que l’on va faire un beau voyage dans d’autres univers si éloignés de chez nous. Parfois on y vient pour découvrir un autre regard sur ceux que l’on côtoie au quotidien sans bien les connaître ("Au Nom de la Terre"), ou se confronter a des réalités dont on voudrait oublier l’horreur ("Les Chatouilles").
De temps en temps ce sera un vrai coup de cœur pour ces gens dont l’engagement peut changer nos vies ("Hors Normes", "À Voix Haute") ou un pure moment d’émerveillement pour tant de beauté, de délicatesse, bercé par la douceur de la musique ("J’ai Perdu mon Corps").
Bref un endroit pour venir se poser, prendre du recul avec la confrontation quotidienne à la souffrance des autres, retrouver un peu d’énergie et savoir que l’on sera toujours accueilli par un sourire.
Merci à vous, vous nous manquez et on sera là dès la reprise. Promis !

Aïcha C. - (Saint-Étienne) :

Se souvenir des belles choses... et de belles personnes.
Un de mes plus beaux souvenirs remonte en 1986, lorsque le Méliès se trouvait rue Gambetta, j’étais adolescente et je vivais à deux pas du cinéma, devant lequel je passais chaque jour pour aller au collège. Je ne manquais pas de regarder à chaque fois toutes les affiches, et me tenais informée au passage des nouvelles sorties...
À l’époque, je croisais souvent Alain Cramier aux abords. Je n’avais pas trop les moyens, mais aller au cinéma faisait partie de mes dépenses préférées.
Le 20 décembre 1986 j’ai pu découvrir le film "Down by Law", avec ma meilleure amie d’enfance Marie, le film parlait d’une histoire d’amitié un peu loufoque. Notre amitié pouvait l’être à certains égards...
Nous allions souvent au cinéma avec Marie ("Chambre avec Vue", "La Puritaine", "Mauvais Sang"...) Je n’ai plus de ses nouvelles, peut-être lira t-elle ce message.
Et puis le 17 février 1990, "Le Cercle des Poètes Disparus", avec mon amoureux de l’époque, une révélation, je suis retournée le voir la semaine suivante...
Des belles choses... et de belles personnes.

Daniel B. - (Saint-Étienne) :

Mon plus beau souvenir de cinéma, c’est "Se Souvenir des Belles Choses", le film de Zabou Breitman interprété par elle-même, Isabelle Carré et Bernard Campan.
À l’époque, qui était une époque un peu "héroïque", le Méliès et son association luttait pour obtenir l’ancienne fiche Lignel pour y implanter le Méliès Jean-Jaurès.
À l’époque Zabou Breitman devait venir y présenter "Se Souvenir des Belles Choses". Elle devait venir seule. Finalement, elle est venue avec Isabelle Carré et Bernard Campan.
Les membres de l’Association avaient la possibilité de partager le repas des invités, en payant chacun son écot. Ils étaient venu à Saint-Étienne en coup de vent. Nous avions rendez-vous avec eux au restaurant Barcet cours Victor Hugo.
Je me souviens de Zabou Breitman qui a mis tout le monde à l’aise en nous disant qu’il ne fallait pas faire de folie pour le repas, d’Isabelle Carré qui débarquait chez elle à Paris sans savoir qu’elle était à Saint-Étienne, de Bernard Campan, du petit jeune qui les accompagnait, d’Alain et Marie-Christine Cramier ; et de la danse qu’ils exécutaient à la fin de la journée de travail.
Ils étaient repartis le lendemain matin au premier TGV, Zabou Breitman mettant en scène une pièce.
Jusqu’au mois de novembre 2018, Zabou Breitman n’est pas revenu à Saint-Étienne mais à La Ricamarie pour interpréter une pièce et Isabelle Carré et les spectateurs de Saint-Étienne ne l’ont jamais vue sur scène.
Depuis, elle est devenue écrivain et son nouveau livre devrait sortir à l’automne prochain. Aussi, faisons un rêve : si la fête du livre se déroule à l’automne, invitons-la au Méliès si elle venait à Saint-Étienne pour présenter son ouvrage et éventuellement un de ses films. Pour aider à se souvenir des belles choses.
Voilà mon meilleur souvenir de cinéma et que cette partie de rêve devienne réalité.

Juliette V. - (Chavanelle - Saint-Étienne) :

Je travaillais encore il y a plus de vingt ans quand j’ai commencé à arpenter la ville avec mon caddy rouge pour distribuer les programmes du Méliès dans les commerces, les lieux culturels et expliquer aux gens quel qu’ils soient que le Méliès pouvait les intéresser !!
On ne vend bien que ce qu’on aime ! On m’a souvent demandé quels films aller voir ! Mon kif c’était de conseiller les gens en fonction de ce que je connaissais d’eux au fil du temps !
Des souvenirs, des films il y en a des dizaines !!
Ne serait-ce que le dernier samedi 14 mars avec "La Ruée vers l’Or" de Charlie Chaplin accompagné au piano par un célèbre jazzman.
Une semaine cinématographique riche en bons films et pro féministe !
"Radioactive", l’histoire de Marie Curie si douée et si battante !
"La Bonne Épouse", avec des comédiennes excellentes qui se libèrent de la tutelle des hommes.
"Un Fils", une Turquie moderne ou la place des femmes n’est jamais acquise !
J’attendais "Petit Pays", tiré du livre de Gaël Faye mais voilà…
« … un infiniment petit est venu mettre à l’arrêt la machine dont on ne trouvait pas le frein ! »
Je suis prête à repartir cahin-caha pour inciter les spectateurs à revenir !! Dès que la vie pourra reprendre un peu !
Mais en n’oubliant pas l’essentiel : l’Humain.

Marie-Pierre R. #3 - (Saint-Étienne) :

Les soirées Attac, avec Serge Halimi, qui n’avait pas voulu que le photographe du Progrès lui tire le portrait ; avec Pierre Carles, marcher avec lui dans la nuit sur le chemin de son hôtel et se quitter devant le Royal décati. Ne pas avoir beaucoup changé le monde mais l’avoir regardé avec humour et humanité, même décalée.
D’autres soirées, avec des films à thématiques de moines, les madames qui prient en même temps, et fredonnent le Lac des Cygnes.
Ou celle sur le photographe Thiollier, cols de fourrure, ayant traversé la place "pour la première fois" de la famille en somme, des clichés à elles seules, si éloignées pourtant du Saint-Étienne des plaques photographiques.
Le Méliès aussi permet ça.

Marie-Pierre R. #2 - (Saint-Étienne) :

J’étais allée voir "Le Festin de Babette" (au petit Méliès toujours) et en sortant une faim de louve.
Passant par la rue des Martyrs de Vingré pour rentrer chez moi Place du Peuple, je fis halte chez le marchand de fromage qui fermait tard, alors que je n’aimais pas ça, mais Robert avait une façon exquise de t’amener à succomber à la tentation du petit chèvre, comme Stéphane Audran l’avait fait avec sa soupe de tortue et ses vins rouge doré. Du cinéma qui rend heureux et te met l’eau à la bouche et le sourire au cœur.

Marie-Pierre R. #1 - (Saint-Étienne) :

C’était au "petit Méliès", comme je l’appelais. Je m’installais toujours tout au fond quand c’était libre, j’adorais l’intimité-cocon légèrement "en surplomb" de ce petit coin de paradis ; mais ce jour-là j’étais plutôt au milieu.
Le film est presque fini (mais je ne sais plus lequel du coup) lorsqu’un téléphone portable sonne, tout le monde râle, normal, et comme le son vient de ma place on me fait les gros yeux dans le noir. Moi je sais que j’ai éteint le mien donc je ne bronche pas. La sonnerie s’interrompt puis recommence. Je finis par réagir ça sonne sous mes fesses. Je n’ai pas donné le téléphone à l’accueil, ça m’amusait davantage de le rendre moi-même ; j’ai enquêté et retrouvé la personne qui l’avait perdu. Et j’ai gagné un ami.

Artzo. - (Saint-Étienne) :

Meilleurs souvenirs ? Le film "Year of the Horse", de Jim Jarmush sur Neil Young, au Méliès Saint-François le soir tard dans la salle quasi-vide et un son énorme, car c’est la dernière fois où j’ai bu et fumé devant un écran de cinéma.
Et puis peut-être, pour le symbole, la dernière séance avant le confinement et fermeture du Méliès, avec un côté fin d’un monde : un film en 35 mm (et oui !!!!), "La Vie de Brian" des Monty Python, et la chanson finale que continue de chanter mon fils qui découvrait pour la première fois le film : Always Look on the Bright Side of Life...

Valérie, par l’intermédiaire des Ami(e)s du Méliès

Le confinement se passe... Plein de bons souvenirs au Méliès en effet. Par exemple, la bonne surprise pour ma fille et moi il y a quelques années, de voir qu’un seul cinéma proposait "Le Garçon et la Bête" de Mamoru Hosoda. Ou encore les soirées Pop-Corn place Jean-Jaurès où on pouvait arriver costumés.
La super ambiance pour "Bohemian Rhapsody". Le très bon biopic sur Clapton, la soirée Tim Burton pour Noël.
Le Méliès c’est et ce sera encore une ambiance, un cinéma où on partage, ou on discute avec des inconnus pendant l’entracte, où on passe un bon moment.

Jean-Paul B. - (73 ans / La Cotonne - Saint-Étienne) :

Un des meilleurs souvenirs du Méliès Saint-François, et il y en a beaucoup, c’est le Nouvel An chinois organisé avec l’Association France-Chine. Une journée extra. Deux films et un intermède masticatoire cuisine chinoise sur place. Un premier film un peu sombre, genre odyssée dans un monde obscur ("Un Grand Voyage vers la Nuit"). Un deuxième plus lumineux ("Kaili Blues").
Un public étonnamment nombreux et attentif... et discipliné. Avec en prime à l’intérieur de la grande salle un défilé du Dragon et des porteurs en costumes. Vraiment une journée réussie et exceptionnelle car la gageure n’était pas mince. L’expérience a d’ailleurs été renouvelée toujours avec succès.

Sylvain C. - (37 ans / Le Soleil - Saint-Étienne) :

27 mai 2007,
Premier rendez-vous en terrasse avec une jeune femme qui m’avait été présentée quelques semaines avant. Nous avions eu l’occasion de nous rencontrer ponctuellement, lors des ciné-quiz organisés par l’équipe du Méliès-Café à l’époque. Grande cinéphile elle aussi, j’espérais la connaître mieux et pourquoi pas, devenir plus que des adversaires de quiz ? Après un repas galant sur la place Jean-Jaurès, nous décidons de choisir un film au Méliès. Notre choix se porte sur un excellent titre, quoi que peut-être pas le plus romantique pour une première soirée en tête à tête… Mais bon, "Le Scaphandre et le Papillon" jouait à cet horaire-là alors !
Si je dois être très honnête, je n’ai pas tant de souvenirs que ça du film lui-même ! Quelle belle séance en revanche, enfoncés dans les fauteuils rouges de la salle 2, les mains qui s’effleurent timidement sur l’accoudoir (eh oui, pas encore de love-seats à cette époque), les regards du coin de l’œil à peine éclairés par la lueur de l’écran. Et finalement, les premiers bisous pendant le générique de fin.
6 mois plus tard, en décembre 2007, j’intégrais l’équipe du Méliès pour y être formé en tant que projectionniste.
Le 27 mai 2020, Marie et moi fêterons nos 13 ans de cinéphilie commune, mais malheureusement pas dans une salle obscure cette année…

Liam P.M. - (14 ans / Centre-Ville - Saint-Étienne) :

Mon plus beau souvenir au Méliès est sans doute une expérience en deux temps. Comme toutes les autres expériences qui vont être racontées, elle avait un nom et un auteur : "La Mule" de Clint Eastwood. Le premier temps j’étais venu voir ce film à cause du nom du père spirituel de nombre de cinéphiles. Je n’avais alors honnêtement vu que "Million Dollar Baby" que j’avais néanmoins beaucoup aimé.
Bref je me pointais alors du haut de mes treize ans devant le guichet, demandant fièrement un ticket pour « le nouveau Clint Eastwood ». Après ce triomphe d’avoir étalé ma « cinéphilie », je me suis retrouvé dans l’ascenseur à seize heures et dix-huit minutes, en direction de la salle 4.
Ainsi à seize heures et vingt-et-une minutes, depuis le centre de la salle où j’avais réussi à trouver une place, j’observais ce petit vieux s’occuper de ses fleurs, le même petit vieux qui, à dix-huit heures et dix minutes décocha une petite larme de mes yeux et toujours le même petit vieux qui m’obnubila pendant, pour le coup des heures infinies.
Outre la réalisation si rythmée que venait de m’offrir cette légende du Cinéma, la chose qui me fascinait le plus était cette manière de traiter ce sujet de parentalité spirituelle, ce respect et cette confiance que toute personne serait prêt à accorder à cette homme. Sans avoir besoin d’y réfléchir je n’ai pu m’empêcher d’associer Earl Stone à mon grand-père et je pense que c’est là où ce film m’a subjugué.
Une semaine après tout ça et après avoir parlé à beaucoup trop de reprises de ce film à mon papi, l’idée évidente de retourner le voir avec lui était trop forte. Pour une fois c’est donc moi qui allait inviter mon papi quelque part !
Et nous voilà, quelques jours plus tard, à nous retrouver tous les deux devant le guichet du cinéma, mon grand-père se laissant entraîner par cet adolescent que j’étais, demandant deux tickets pour le film "La Mule".
Á seize heures et deux minutes notre duo se retrouva assis dans une salle presque vide attendant l’ouverture des rideaux programmés sur les tickets pour seize heures et quinze minutes. Enfin à seize heures et dix-sept minutes les deux hommes que je trouvais si semblables se rencontrèrent chacun de leur côté de la toile. Je voyais ainsi ce portrait d’un homme admirant ce qui, à mes yeux, n’était que son reflet.
Pour clôturer cette histoire, à dix-huit heures et cinq minutes, je me retrouvai encore une fois à vanter les mérites de ce film auprès de mon grand-père tout heureux que son petit-fils le compare à Clint Eastwood.

Sylvain P. - (40 ans / Centre-Ville - Saint-Étienne) :

La salle de cinéma est une véritable fabrique de souvenirs. Comme dirait l’autre : "s’il ne devait en rester qu’un", ça serait définitivement ma première vision du "Ballon Rouge" d’Albert Lamorisse.
Pas le premier film vu, mais le premier qui a suffisamment titillé ma rétine pour l’imprégner durablement et marquer au fer rouge ma sensibilité cinéphile à venir. C’était au Cinéma Le France (actuel Méliès Saint-François), j’étais haut comme trois pommes et la maîtresse avait emmené toute la classe découvrir cet obscur objet du désir nommé Cinéma.
Dès les premières images, tout m’a fasciné !
Bien que connaissant déjà l’histoire car nous étions en train de travailler dessus en classe avec la maîtresse et le bouquin édité par L’École des Loisirs, ce que j’étais en train de découvrir à l’écran était d’une toute autre envergure !
C’était tout simplement immense de voir vivre cette histoire connue sur grand écran.
Sans vraiment comprendre ce qu’il m’arrivait, j’étais totalement hypnotisé par l’écran.
Toute en ballons colorés, l’envolée lyrique finale au-dessus de Paris, qui a très largement inspirée le "Là-Haut" de Pixar, reste plus de trente ans après et quelques milliers de films visionnés depuis, l’un des plus beaux moments de cinéma du monde à mon goût !

Coline V. - (Saint-Étienne ?) :

Je me souviens il y a une quinzaine d’années d’une séance de "Old Boy" avec deux amis. Nous étions tellement sonnés que nous nous demandions comment les gens pouvaient encore parler après ça... nous avions descendus la rue du tram sans parler... @ Amandine et @ Hadrien que j’aimerai tellement revoir !

Jean-Baptiste - (Saint-Étienne ?) :

" Un soir d’automne assez maussade, il y a quelques années, j’ai donné rendez-vous à deux amis pour aller voir le film de Christopher Nolan "INTERSTELLAR".
Nous avons l’habitude d’aller voir tous les trois des films d’anticipation ou de S.F. dont nous sommes assez friands. Nous nous sommes donc retrouvés devant le Méliès Saint-François, un dimanche après midi , vers les quinze heures.
Comme nous étions en avance et qu’il y avait peu de monde, nous avons pu nous placer idéalement au balcon dans la grande salle.
Et je me suis trouvé littéralement transporté d’un bout à l’autre par cet excellent film, une plongée futuriste, une quête romantique et désespérée que j’ai trouvé passionnante.
Dès les premières minutes, je me suis retrouvé happé au côtés de Matthew Mc Conaughey en chasseur de drones, paysan pugnace, audacieux et inventif. J’ai été déchiré par la tristesse d’une séparation presque définitive avec sa fille interprétée adulte par la lumineuse Jessica Chastaing, charmé par Anne Hathaway en coéquipière de navette spatiale.
Bref, je suis entré de plein pied ce jour-là dans la magie du cinéma, avec un film à découvrir sur grand écran.Un peu comme pour "E.T. l’Extraterrestre" de Spielberg en 1982, alors que j’étais un gamin de sept ans !
D’ailleurs, j’ai revécu cette expérience magique plus récemment avec mon fils pour "Blade Runner 2049" de Denis Villeneuve dans la même salle. Merci pour ces échappées belles dans les salles obscures".

Sylvie B. - (Saint-Étienne ?) :

Beaucoup de souvenirs d’émotions lors de la découverte de films, mais le plus magique, sans doute rappelé par le titre de votre appel à témoignage est sans doute la projection du film "Se Souvenir des Belles Choses" en présence de l’équipe : Zabou Breitman, Isabelle Carré et Bernard Campan. C’était le 11 janvier 2002.
Voir apparaître l’équipe à l’issue du générique m’a rappelé le film "La Rose Pourpre du Caire" et m’a donné la sensation de traverser l’écran.
Sensation que j’ai retrouvée trois ans plus tard en découvrant New-York quand je voyais de mes propres yeux des lieux faisant écho à des scènes de films.
Un voyage troublant entre imaginaire et réalité.

Stéphanie B. & Catherine - (la grosse quarantaine / Saint-Étienne) :

Stéphanie : Hé Catherine, tu as vu l’appel à témoignage du Méliès que je t’ai fait passer sur WhatsApp.
L’équipe du Méliès demande à écrire le meilleur souvenir pour la prochaine séance... Lequel choisir parmi des centaines de séances... ? Je ne sais pas faire sans tomber dans la mièvrerie... Non vraiment, pas envie de me prendre la tête. Par contre, ce que je te propose est de partager nos dix années environ de séances communes le mardi soir à vingt-deux heures. Même si « le feu » était à la maison, les RDV étaient gravés dans le marbre... Et comme ça faisaient jaser nos mecs... tu te rappelles ? Dès qu’on évoquait la fameuse « charge mentale » à la maison... Et Hop, dans ta face, les « fameux » mardis au Méliès...
Ce sera peut-être chiant à lire pour les autres mais nous, on va se faire du bien , j’en suis sûre . Allez, on essaie ? et si on assume pas on laisse tomber, il n’y a aucune obligation.
J’estime le début des séances dites régulières à 2008 et jusqu’en 2018 environ... ? On avait sûrement commencé avant, entre deux accouchements,... les souvenirs sont flous...
Catherine : J’adore cet exercice. Grand merci de m’avoir invitée à y participer avec toi. Je pense que nos séances ciné dites régulières remontent avant 2008. On a vraiment fait connaissance toi et moi en 2000 dans un tramway avant la naissance de Loïse.
Impossible que l’on ait mis sept longues années avant d’aller toutes les deux au cinéma !! Dingue...
Depuis deux ans, et ma petite vie un moins sédentaire, nos rendez-vous hebdomadaires se sont distendus, mais je le regrette toutes les semaines.
Après ce fichu confinement, on reprendra nos bonnes habitudes !!! On a un chouilla compensé avec les sorties cinéma du dimanche en fin d’après-midi, mais ce n’est pas pareil.
Stéphanie : Vas-y, lance toi... les premiers films qui te viennent en tête sans se demander si ce sont de bons ou mauvais films, et en bonne cinéphile que nous sommes, nous devons citer que ceux que nous avons vu ensemble... Okay ?
Catherine : Citer les seuls films que nous avons vu ensemble. Je pense qu’au Méliès, j’ai du voir environ 80% des films avec toi ! Ça va être coton de ne pas mélanger.
Bizarrement, en démarrant ce fort sympathique exercice, le premier film qui m’est revenu en tête est "Syngué Sabour, Pierre de Patience" d’Atiq Rahimi.
Le deuxième film est "Incendie" de Denis Villeneuve sur ces enfants au parcours tranquille au Québec et qui vont sur les traces de leur mère en Palestine.
Il y a bien sûr les films de Jacques Audiard, que dis-je, tous les films de Jacques Audiard : "Sur mes Lèvres", "Un Prophète" ou "De Rouille et d’Os". Les deux derniers, on les a vus ensemble, je ne me rappelle pas pour"Sur mes Lèvres"...
Je ne sais pas pour toi mais il y a des films « faciles d’accès » que je peux revoir en boucle quel que soit le support. En revanche, je ne peux découvrir certains films que dans une salle obscure, dans un contexte vraiment adapté et propice, soit parce que ces films sont très chargés émotionnellement, soit parce qu’ils font peur, soit parce qu’ils ont été réalisés par un réalisateur au nom imprononçable !
Vive les salles obscures, vive le Méliès et vive toi qui m’oblige à sortir de ma zone de confort et m’invite à découvrir des films que je ne serais peut-être jamais aller voir toute seule !!
Stéphanie : Oui je suis d’accord avec toi, Netflix&Co ne me fera jamais renoncer à la salle noire... avec personne qui bouffe du pop-corn... Merci le Méliès ! Allez à moi...
Les premiers films qui remontent à ma mémoire sont ceux de Sofia Coppola : "Lost in Translation", heu... celui-ci , j’ai du le voir avec Lionel (ça commence bien !) mais je suis sûre avoir vu ensemble "Marie-Antoinette", "Les Proies", et "Somewhere"... Pourquoi eux en premier ? Ils sont beaux , voilà c’est tout !
Je continue... les films de Xavier Dolan... qu’est-ce qu’on a pleuré devant "Mommy"... je suis autant bouleversée à chaque fois que je le revoie. Moi qui impose pas mal de films à Léo et Anna, celui-là je ne leur ai jamais montré... trop peur qu’ils me prennent pour une débile en me voyant au 6ème dessous.
On a vu également ensemble "Laurence Anyways" et "Juste la Fin du Monde". On a été ébloui par la prestation de Nathalie Baye.
Catherine : Ah, Sofia Coppola... "Virgin Suicides"... On l’a sûrement pas vu ensemble celui là ?? Trop ancien... Mais, c’est sûr, on a vu ensemble "Lost in Translation" avec la magnifique Scarlett et l’incontournable Bill.
Colin Farell dans "Les Proies" est flippant à souhait et meilleur que dans tous ses films réunis selon moi.
Rien que d’entendre le nom Xavier Dolan, j’ai envie de filer au Méliès ! "Juste la Fin du Monde", oui, nous a vraiment scotché toutes les deux. Nous n’avons pas pu découvrir ensemble "Mathias et Maxime" en 2019. Catastrophe qu’on ne l’ai pas vu ensemble !!
Moi, je pense aussi aux films des réalisateurs allemands vus ensemble : "La Vie des Autres", "Barbara"...
Stéphanie : Non pour "Mathias et Maxime"... tu étais avec ta Loïse et moi je ne l’ai toujours pas vu... (émoji qui pleure).
Passons maintenant aux films devant lesquels on a fantasmé sur les acteurs en bonne hétéro que nous sommes ! (putain mais je n’ai pas d’émojis sur cet ordi... j’ai besoin de celui MDR ).
Daniel Day-Lewis dans "Phantom Thread"... Ryan Gosling dans "Drive" ...non, pas vu avec toi celui la mais "Lalaland" oui...
Une soirée avec Bill Muray je prends évidemment ! Léonardo dans "Le Loup de Wall Street".
Oh putain, j’allais oublié Tahar Rahim et Matthias Schoenaerts respectivement dans "Le Prophète" et "De Rouille et d’Os" d’Audiard... j’arrête car ça peut durer des pages...
Catherine : Ohhh, les acteurs... Tu as raison "Drive", c’était tooop avec Ryan Gosling. Et en même temps, comme j’ai eu peur ! Pour "Lalaland", j’ai été traumatisée ; j’ai du vous abandonner dix minutes avant la fin pour aller chercher Côme à une répétition de théâtre à Sorbiers.
Le film qui m’a marqué avec Daniel Day-Lewis, c’est "There Will Be Blood". Je n’ai pas fantasmé parce qu’il était déjà trop vieux mais j’ai été scotchée. Et je suis sûre de l’avoir vu avec toi.
Côté scène française, tu te rappelles du charismatique Vincent Lindon dans "Journal d’une Femme de Chambre" ou encore dans "Mademoiselle Chambon" ?
Et enfin, et peut-être en premier (! !) le superbe et tourmenté Jonathan Rhys-Meyers dans l’immoral "Match Point" de Woody Allen.
Petite aparté sur les films d’animations : "Persépolis". Je suis sûre qu’on l’a vu ensemble ! J’ai regretté d’avoir raté "Les Hirondelles de Kaboul". Tu l’as vu ? Je dois me rattraper...
Stéphanie : Non pas vu "Les Hirondelles de Kaboul"... Jonathan Rhys-Meyers... évidemment (toujours pas d’émoji « rêveuse »...) quel bombe dans ce film !...
Maintenant les films ou on s’est fait chier... il y en a eu non ? Je réfléchis...
Pas évident là, pour moi. Je me mate des pages de filmographie sur internet des années 2010... mise à part me rendre compte que je pourrai vivre des années de confinement dans un cinoche... Non, je ne vois pas, le cerveau est vraiment une merveille éliminant ce qui est inutile.
Catherine : Tu as raison, on a du voir quelques films un peu pénibles mais mon cerveau les a éliminé aussi !
Lors de notre dernière séance pour "Judy", on se faisait la réflexion qu’on n’avait vus que des films géniaux ou un truc du genre...
Stéphanie : Oui, on s’est dit ça, on se plante rarement. Je pense que ce n’est pas la peine de chercher les films ou on n’était pas d’accord sur le ressenti...
Il n’y a pas eu ou trop peu... si différentes et même goût cinéphilique, étonnant, non ?
Catherine : Je ne me rappelle pas, moi non plus, un film où on ai pas eu le même ressenti. Je ne sais pas l’expliquer.
Peut-être que l’on voit les films avec le critère de l’émotion, on vit les films comme une peinture, ce n’est pas du tout cérébral. C’est vraiment sympa de sortir de la séance et d’échanger à bâtons rompus avec toi.
Stéphanie : On passe aux thèmes des actrices ?... On pourrait citer tous les Almodovar qu’on a vu ensemble... un peu cliché mais Pedro est si authentique et valorisant dans les rôles écrits pour ses femmes.
Il n’y en a pas d’autre comme lui je crois, on ne pourra jamais rien lui reprocher. Si jamais, il y en a une qui y pense, je me pends nue sur la place Jean-Jaurès en guise de protestation !
Cate Blanchett dans "Carol"... si troublante... Marion Cotillard si juste dans "Deux Jours, une Nuit" des frères Dardenne... la pugnacité sans compromis d’Adèle Haenel dans "120 Battements par Minute" de Robin Campillo, la beauté de Hasfia Herzi dans "La Graine et le Mulet" de Kechiche, et enfin la grande classe d’Emmanuelle Devos dans "La Vie Domestique" d’Isabelle Czajka ou "Moka" de Frédéric Mermoud. Allez, à toi ?
Catherine : La filmo féminine... j’ai moi aussi adoré "La Graine et le Mulet". Hasfia Herzi est vraiment superbe.
"Black Swan" avec la magnifique et si dérangeante Natalie Portman , "Le Temps de l’Aventure" avec évidemment Emmanuelle Devos accompagnée de Gabriel Byrne.
"Les Adieux à la Reine" avec les superbes Léa Seydoux, Virginie Ledoyen et Diane Kruger sans oublier nos éloges sur la qualité de la lumière et des costumes en sortant de la séance. Et Kirsten Dunst dans tous les films de Sofia Coppola...
Stéphanie : "Le Temps de l’Aventure"... bien sûr, je l’avais oublié... quel film ! Je me rappelle l’avoir trouvé audacieux à l’époque ! Il date de quand ? Attends je recherche... 2013 , bon je n’étais pas si jeune... je me demande comment je l’aurais reçu aujourd’hui ? Kirsten Dunst... oui je l’adore...
Ce qui serait drôle serait d’évoquer les « après séances Méliès » ou on refaisait le monde : boulot , famille , politique, tout y passait... à minuit , une heure du mat... des heures à palabrer... mais là top secret ! Chut ! On a une réputation à défendre, messieurs dames !
Ha si, on pourrait partager un truc drôle... tu te rappelles, du gamin qui nous a gentiment draguées à une heure du matin en bas de chez moi... on était de dos, on s’est retourné et j’ai cru qu’il allait prendre ses jambes à son cou en ne sachant plus s’il devait nous vouvoyer pour nous dire au revoir. Je lui ai proposé de monter... et il a dit « non merci et bonne soirée » !!!... le pauvre (emojis MDR).
Catherine : Je me rappelle fort bien du fameux gars au pied de ton immeuble...
Un autre moment drôle : notre soirée "Pop-Corn" pour les "Gremlins" avec les enfants et le petit film et les bandes-annonces un tantinet gênantes des années 1980 passées juste avant... Loïse s’en rappelle encore !
Au passage, moi, je lance un appel au Méliès pour retrouver les soirées Pop-Corn ! Ne t’en déplaise...
Stéphanie : Alors là, si on s’attaque aux séances Méliès avec nos enfants, on est parti pour un roman.
Oui, des fois, on a un peu abusé sur le choix de certains films... et après on leur disait « mais qu’est ce qui vous a pas plu ?? il était très bien ce film... il faut savoir s’ouvrir au monde, les enfants... le Cinéma, ce n’est pas la vrai vie »... (emojis MDR).
Catherine : Petite conclusion avec un focus sur nos 3 derniers films : "Notre Dame" de Valérie Donzelli. Qu’est-ce qu’on a ri ! Le documentaire "La Cravate" : édifiant. On en est restées sans voix, tu te rappelles ?
Et la pépite "Judy" où on avait entraîné nos deux filles : on a versé notre petite larme à la fin.
Ces trois films résument peut-être nos dix ou douze ans de soirées ciné : filmo variée qui peut être légère, mais aussi impliquée, mais toujours dans l’émotion...
Je regrette de ne pas avoir vu avec toi mon film préféré de 2019, à savoir "Mathias et Maxime". Préféré, le mot est faible, je suis repartie remontée à bloc, avec une banane d’enfer...
Stéphanie : À moi maintenant de conclure, mon film préféré millésime 2019 ? "Parasite", "Les Misérables", "Portrait de la Jeune Fille en Feu", "La Favorite" de ce « Grand Monsieur du cinéma grec » , oui c’est "La Favorite" mon film préféré 2019 et vu avec toi... « no comment ! »...
Mais celui qu’on aurait du voir ensemble est "La Mule" car qu’est-ce qu’on l’aime ce Clint... on l’aime tellement qu’on ne l’a même pas cité !
Catherine : Tout est dit ! Et conclure sur Clint me convient parfaitement. En confinement, je me retape toute sa filmo !
Je ne dirais pas « vive le confinement » parce que j’ai très envie de retourner au Méliès avec toi et découvrir de nouvelles pépites...

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