FOCUS : LE FILM DU MOIS D’AOÛT

“UNE GRANDE FILLE”
Film russe de Kantemir Balagov - (2019 - 2h17min - VOSTFR), avec Viktoria Miroshnichenko, Vasilisa Perelygina, Timofey Glazkov...

Kantemir Balagov : retenez bien le nom de ce surdoué de 27 ans. Si son premier film, Tesnota, une vie à l’étroit (film coup de cœur du Méliès de mars 2018) nous avait tapé dans l’œil, son second, Une grande fille, monte encore d’un cran. Un cinéaste important est né.
C’est dans le livre La guerre n’a pas un visage de femme de l’écrivaine biélorusse Svetlana Aleksievitch, lauréate du Prix Nobel de littérature en 2015, que Balagov a puisé l’inspiration pour l’écriture du scénario de Une grande fille, un livre qui montre l’importance (trop peu connue et reconnue) du rôle des femmes dans les combats menés par l’Union Soviétique lors de la 2ème guerre mondiale. Des femmes à la fois combattantes et mères, combattantes et infirmières, combattantes et objets de désir. C’est dans un hôpital d’anciens combattants de Leningrad, durant l’automne qui a suivi la guerre, que les deux scénaristes ont choisi de concentrer leur vision de cet héroïsme féminin. Ils nous convient à partager le quotidien d’Iya et Masha, deux anciennes combattantes abîmées psychologiquement par la guerre, devenues aides-soignantes aux services de ces messieurs.
Aussi blonde et longiligne que timide et effacée, Iya (la grande fille du titre) est, à l’image de sa ville et de sa Russie, encore secouée par les soubresauts du conflit qui vient juste de s’achever. Encombrée d’un corps et d’un passé trop grands pour elle, Iya fait partie de ces voix inaudibles et timides perdues au milieu de celles des hommes qui gémissent, murmurent, draguent… La jeune femme les écoute, les panse, les comprend à demi-silence. Aussi rousse et vive, qu’imprévisible et provocatrice, Masha est désireuse de venger son mari, mort au combat. Elle est restée sur le front plus longtemps que Iya, après avoir confié son fils à cette dernière.
Outre l’influence évidente que peut avoir la mise en scène d’Alexandre Sokourov sur celle de Balagov, il est indispensable de saluer le travail effectué par Kseniya Sereda, la cheffe opérateur âgée d’à peine 25 ans, et qui permet à chaque plan de jouir d’une lumière qui l’assimile à une magnifique peinture naturaliste. Ce fabuleux rendu pictural ne fait qu’accentuer le propos, puisqu’il ajoute à la froideur mortifère propre à l’univers dans lequel évoluent Iya et Masha. Certains opposeront sans doute que le film est assez long mais rien n’y est longueur. Les plans, souvent étirés à l’extrême (comme chez un certain Kechiche), sont d’une intensité rare et balaient un spectre d’émotions contradictoires. Entre tendresse, empathie, malaise, colère, Une grande fille ne cessera de vous troubler… Du vrai grand cinéma !

LA BANDE ANNONCE DU FILM


UNE GRANDE FILLE

UNE GRANDE FILLE

Film russe de Kantemir Balagov (2019 - 2h17min - V.O.S.T.)

avec Viktoria Miroshnichenko, Vasilisa Perelygina, Timofey Glazkov...

1945. La Deuxième Guerre mondiale a ravagé Léningrad. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya et Masha, tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie.

Le Méliès Saint-François

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18h20
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21h00








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