LE FILM DU MOIS D’OCTOBRE

LA BELLE ET LA MEUTE
Film tunisien de Kaouther Ben Hania
(2017 - 1h40min - VOSTFR - dcp)
avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda...

Voici un film de super héroïne ! Mariam a 21 ans. Elle est belle, ronde, pétillante et militante. Impliquée dans la vie associative de son université, cette jeune Tunisienne, se pomponne comme toute les filles de son âge avant une soirée étudiante, prête à s’amuser avec ses copines, au milieu de jeunes hommes qui n’ont rien à redire devant cette liberté féminine. Mais quelques heures plus tard, voilà la jeune fille, débraillée, sans chaussures et sans sac, qui erre dans la rue, en état de choc. Mariam a été violée. Mariam ne sait pas quoi faire. Elle a honte. Quand elle tombe sur Youssef, dont elle avait croisé le regard à la fête, celui-ci la convainc de porter plainte. Commence une longue nuit de lutte, d’hôpital en commissariats, de rebuffades en coercitions plus ou moins menaçantes, pour faire respecter ses droits. Face à une justice qui se trouve du côté des bourreaux, la petite poupée chancelle, mais ne plie pas…
La belle et la meute est un thriller féministe aussi intense qu’étonnant et captivant, la chronique haletante de la naissance d’une conscience politique. Sans jamais céder au racolage facile (le viol n’est pas filmé juste sugérer par une ellipse), la réalisatrice témoigne du renouveau de la société tunisienne, celle qui refuse de se taire, de céder à la corruption et qui revendique ses droits, notamment et évidemment concernant les femmes. Coupable d’avoir été violée, tel était le titre du roman autobiographique de la victime de ce fait divers post Ben Ali. L’affaire avait fait grand bruit dans la Tunisie post-révolution de 2011 : la jeune Myriam, violée par des policiers lors d’un contrôle nocturne, avait décidé de lutter jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix, pour faire condamner ses bourreaux. Affrontant pour cela les innombrables pressions de l’appareil sécuritaire pour étouffer l’affaire et surtout la loi du silence habituellement imposée par une société demeurée machiste, ou trop souvent l’opprobre est jeté sur la victime…

LA BANDE ANNONCE DU FILM


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