LE FILM DU MOIS DE JUILLET

WOMAN AT WAR
Film islandais de Benedikt Erlingsson (2018 - 1h41min - VOSTFR)
avec Halldora Geirhardsdottir, Davíd Thór Jónsson, Jóhann Sigurðarson...

Halla, la cinquantaine pétillante, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande.
Déjà repéré en 2013 avec le séduisant et surprenant Des chevaux et des hommes, le réalisateur islandais Benedikt Erlingsson confirme son goût de mêler comédie décalée et militantisme. Son Woman at War n’est pas seulement un film de super-héroïne, c’est aussi et surtout un conte politique qui ne se prend pas au sérieux.
On écarquille sans cesse les yeux devant sa femme en guerre, qui court à travers les rudes paysages islandais un arc à la main, pour dézinguer les lignes à haute tension et ainsi couper l’alimentation d’une usine dont elle veut empêcher les outrages à la nature ! Mais qui est cette guerrière nommée Halla ? La voilà qui change de tenue et réapparaît en professeure de chant. Un peu super héroïne, un peu Fantômette menant une double vie aventureuse, sûrement activiste écolo pure et dure et pourtant fantaisiste, Halla n’est pas facilement identifiable, ce que souligne le fait qu’elle a une sœur jumelle, professeure de yoga, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et qu’interprète la même actrice, Halldóra Geirharðsdóttir. Tonique, drôle, émouvante, stupéfiante au bout du compte.
Comme l’insaisissable Halla, recherchée par la police, le film trace son chemin sans qu’on puisse l’enfermer dans aucun genre. Souvent, un orchestre, jouant la musique du film, apparaît au beau milieu d’une scène. Une idée un peu conceptuelle, a priori. Vient alors ce tour de force, la fuite de la femme en guerre dans la terre, la boue, l’eau glacée. Rien de théorique ! Et si l’on se dit que la question de la défense de la nature se perd un peu en route, il faut attendre la séquence finale, qui fait revenir, de façon très impressionnante, le changement climatique dans l’histoire. Avec cette manière à la fois très réfléchie et très joueuse de faire du cinéma et de parler du monde d’aujourd’hui, Benedikt Erlingsson s’affirme définitivement comme un drôle de zèbre, talentueux et décomplexé. (Merci Télérama !)

LA BANDE ANNONCE DU FILM


LE FILM DU MOIS DE JUILLET Fermer